Le domaine
Trente-huit hectares, un seul coteau
Trente-huit hectares tiennent sur un seul coteau, entre la Braunette et le bois de Pechlaurier, et le domaine n’en a jamais voulu davantage. La maison porte la date de 1783 sur le linteau du chai ; la famille y fait du vin depuis, sans interruption connue, ce qui dans ce pays n’est pas une distinction mais une habitude. Sept personnes y travaillent à l’année, neuf pendant les vendanges.
Le chai est bâti contre le coteau, à moitié enterré du côté nord. Il tient douze degrés toute l’année sans climatisation, ce qui n’était pas une prouesse en 1783 mais le redevient. On y entre par une porte qui n’a jamais été élargie, et c’est pour cette raison que les foudres qui s’y trouvent ont été montés à l’intérieur, pièce par pièce.
Ce que le coteau a de particulier tient en une couche de pierre. Sous la terre végétale court une grèze litée, un éboulis calcaire gélifracté par les hivers du quaternaire, qui draine les pluies d’octobre et restitue la nuit la chaleur du jour. Les vieilles vignes de braucol sont plantées dessus. C’est la raison pour laquelle elles mûrissent huit jours avant celles du bas, et c’est aussi la raison pour laquelle on les vendange à la main.
Le domaine n’a jamais adhéré à la cave coopérative ouverte en 1954 à quatre kilomètres. Ce n’était pas un jugement, c’était un calcul : en gardant ses raisins, on garde le droit de se tromper. Soixante-dix ans plus tard, la moitié de ce qui fait la maison vient de ce droit-là.
L’état des lieux
- Surface en production
- 38 hectares en production
- Production annuelle
- 140 000 bouteilles par an
- Date portée sur le chai
- 1783
- L’équipe
- Sept personnes à l’année, neuf pendant les vendanges
- Adresse
- votre adresse (réserve : cette information sera celle du domaine)
- Commune
- code postal et commune (réserve : cette information sera celle du domaine)
Six dates, et pas une de plus
Une histoire de domaine se raconte en dates ou elle ne se lit pas
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1783
La date du linteau. Le chai est bâti contre le coteau, à moitié enterré, ce qui lui donne encore aujourd’hui ses douze degrés constants sans une seule machine.
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1876
Le phylloxéra passe. Le domaine replante, en gardant les mêmes cépages, ce qui à l’époque n’allait pas de soi.
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1954
La cave coopérative ouvre à quatre kilomètres. Le domaine n’y adhère pas. C’est la décision qui explique tout le reste.
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1994
Première vinification parcellaire. Le fût numéroté 7 est mis de côté pour la première fois, et il ne s’est plus jamais rassemblé aux autres.
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2004
Le prunelart est replanté sur un hectare, à partir de trois souches retrouvées en bordure du chemin.
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2019
Conversion terminée. Le domaine n’en fait pas un argument de vente et ne le met pas sur l’étiquette.